lundi 27 août 2012

La Récréation

J'ai Dix Ans (A. Souchon/L.Voulzy) by Alain Souchon on Grooveshark



Je soutenais la thèse
qu'avec
ma Raie pour les maq'relles
et
ma Craie pour les marelles
j'étais en mesure anglaise
de prendre mon pied sans en sucer le pouce
ni la prothèse
et de tracer en douce
les lignes de la Récréation.

La sonnerie du hall
de l’École
– dont on sait pertinemment
qu'elle vient du train
dont l'arrêt créa Sion
et son prieuré (création) –
retentit tintinnabulant d'une teinte inhabituelle
aux couleurs de ma palette de sons délivrés.
Il y avait des craies roses, d'autres bleues,
décrets d'application, décrets autonomes
issus d'une loi organique et à l'article de la mort
numéro inconnu sous l'arc à souder
la fraternité
dans une cour de château de cartes.

J'avais dix ans et ma cagoule
bien repliée à l'intérieur d'elle-même
– ainsi que mon âme (colis massé) –
était un ballon de rugby,
et les lignes de la marelle :
vingt-deux mètres !
En-but !
Engagement !
Dix traits de dix ans distraits
dont l'art est création.
De ma salive, j'avais lissé
les gravillons
pour qu'ils épargnent les ronds
de nos gilets et pantalons
si peu javellisés
qu'aujourd'hui nous craindrions le pire pour une telle progéniture !
Dur dur !

La couple de calots d’agate
traînant de part et d'autres d'une paire de couilles de gosse
dans les poches mon bermuda de juin,
justifiant de l'écorchure d'un couple de genoux,
rappelait forcément la couleur vert-noisette
de mes mirettes ;
les pétards semés dans les crottes de chien,
le chemin latéral aux rails du PLM
qui nous conduirait un jour à la planète Marseille et à la Coupe des Champions
jusque hallali !
Parfois, je me dis
que la vie
lavis
n'est qu'un vernis
plus ou moins chanceux,
que Lard et Craie, actions,
ne sont qu'enveloppe artificielle,
et que la vérité se trouve dans les heures de Classe
de contrôles
qui les encadrent ;
à moins que...
la Récréation ne soit
FINALEMENT
que l'acte suprême de se réinventer
dès le Départ.

mardi 17 avril 2012

Tous en campagne !

George Kranz by Din Daa Daa on Grooveshark
Cet épervier est hyper vieux !
Et l'araignée n'a pas régné...
Mes exquis mots à qui-mieux-mieux
en rogneront leur arrêt nié.
De bouquetins en bulletins,
bottons les culs en ballottage,
des barbeaux tus en barbe au teint
qui sont couillus dans ce potage !

Si j'y perds pied dans super pieu,
sombrant dans le sommeil du loir,
bercé par la bête-à-bon-Dieu,
en brochet sur un fil de Loire,
j'irai bien vendre ma peau d'ours
au plus offrant – merle menteur –
contre un dénié des trente bourses
qu'un sansonnet met au conteur.

Mais si l'exocet s'arque aussi
à tes souhaits de changement,
le rossignol, Tino Rossi,
font qu'encor beau, fromage ment !
Déjà, c'était « the best » hier
de nos parasitologies,
et – mythe errant – ce bestiaire,
pire est que la mite au logis.

lundi 17 janvier 2011

Le rapièce-maîtresses

Il entend toutes les rancœurs
des midinett' au blanc vaincu,
car il recoud les trous du cœur
que font tout' les histoir' de cul,
avec du fil en déni long
sur chaque triste vérité,
du doigt d'un dé d'où mamelon
d'une auréol' s'trouve hérité !

Il n'est d'essaim auquel se vouer
dans si triste bourdonnement,
la cruche « allo » s'en est allée
et la belle au premier amant ;
l'amour par ondes magnétiques
voyage aux vents d'un monde hertzien,
le mensonge est comme une tique
suçant l'encens des lits du sien...

Il entend les p'tit' demoiselles
pleurer ces amours trop mariés,
ces libellules s'amoncellent
aux bras des amants avariés.
Mais lui n'est que ce nénuphar,
papier-lotus où se moucher,
quoique parfois il soit un phare :
la dragueuse a droit de loucher !

lundi 26 juillet 2010

Le chaumeur

Je suis fauché comme les blés
et mes semailles ont tout faux,
puisqu'à part ça rien n'a germé,
c'est un salaire qu'il me faut !

Je n'ai pas même un vrai métier
à teaser quelque bonne humeur,
rien que l'idée que vous m'aidiez
me ramène au sort de chaumeur :

voyez la paille dans mon œil,
ma faucille est rendue marteau !
Bientôt la soupe au bon accueil
sera ma ration de prolo...

Me faut-il rempailler les chaises
après avoir purgé ma peine ?
Pour que le bourgeois soit à l'aise,
le chaume à son cul dit « Amen ! »

Tout est pouvoir et soumission,
et le breuvage est à l'oseille !
Car dans tant de compromissions,
pas un clown n'a le nez groseille...

Chacun cultive son jardin
en détournant les eaux des autres,
le président en est le nain
et dans les zoos sont ses apôtres.

Et puisqu'il faut faire du foin,
on fait appel à ces chaumeurs
que l'on dit revenus de loin,
pour qu'à la tâche ainsi se meurent...

Oh, ma complainte est misérable...
mais le couperet que j'agite
et qui me tombe sur le râble,
menace aussi ceux de l'élite.

jeudi 22 juillet 2010

Petits quatrains qu'on trop embrasse et mal étreint

Si la masturbation
est à l'entraînement
ce que l'accouplement
est aux compétitions,

si tant de bovarysme
étouffe nos pudeurs
et que jusqu'à plus d'heure
on fait d'un boul'vard isthme,

si les sexes se serrent
comme le gras des fesses
dès lors que l'on professe
autrement qu'au dessert,

Laissez glisser les rimes
sur les décolletés
et les déculottées
au creux de nos déprimes.

lundi 1 mars 2010

Après l'amour





Que reste-t-il après l'amour ?
quelques clopes qui se consument ?
sans que jamais nous cons ne sûmes
comment qu'on s'aime pour toujours ?
Que reste-t-il après l'amour ?
sinon qu'un constat fratricide
de deux cœurs baignant dans l'acide
qu'ils irradient de leurs maux lourds ?

Que reste-t-il de nos passions
lorsque leur jus fut soutiré ?
que les jolis dessous tirés
à quatre épingles sont rations ?
Que reste-t-il de nos passions
lorsque leurs fruits se sont moisis
dans la corbeille où l'un choisit
le sein de l'une et l'émotion ?

Que reste-t-il de nos promesses ?
des lendemains de scienc' friction ?
et de nos vaines convictions
que l'on prêchait comme une messe ?
Que reste-t-il de nos promesses ?
des avenirs en portefeuille ?
des marguerites qu'on effeuille ?
des collections d'histoir' de fesses ?

Que reste-t-il après l'amour
sinon ses traces sur les draps
et ses odeurs au creux des doigts ?
Tout se nettoie même les fours !
J'ai sanglé les violons d'octobre
dans le sanglant étui du jour,
car quand n'est plus ce sale amour,
Il ne nous reste qu'amour-propre.

jeudi 11 février 2010

Grandir





À ma fille fAnna' des chevaux,
à mon fils, éminent zHugologue,



C'est l'histoire, ou plutôt, c'était la préhistoire
de l'hyracotherium, du rêve péremptoire
de ce petit bonhomme haut comme trois sonnets,
et de ce Dieu dévot auquel il vint sonner.

« – Dieu ! Je veux devenir un périssodactyle !
– Mais n'as-tu donc point peur que périsse – ô tactiles –
tes doigts dans la gageure ? en un choix trop facile,
tes sens à l'avenir, des membres préhensiles ? »

« Je veux mieux qu'un lapin, découvrir les arpents,
plus vite qu'un zéphyr, me changer en tarpan,
Je voudrais devenir cheval de Przewalski,
au piano de Chopin, plus vite que les skis ! »

Et comme Dieu, tout pâle, eut dit « à tes souhaits ! »
il sut en cet instant qu'il devait l'exaucer ;
puis tant qu'en repartant, fier de son tour bien fait,
Dieu dit au p'tit cheval d'aller s'faire ongulé !



lundi 21 décembre 2009

Aléa

C'est un petit trou de grisaille
où l'autre hiberne certains soirs,
sans repriser les représailles
sur quoi lui ne peut s'asseoir.
C'est la face triste du monde,
l'odieux Janus est constipé,
et sa grimace quoiqu'il fonde,
est laide et stéréotypée.

Les jours s'en vont comme des herbes
lancées au vent pour l'humecter,
et nos provences se désherbent
des faims qui sont insuspectées.
Parfois l'orage tonne aussi,
son poids de plombs sur les plateaux
de la balance pèse ainsi,
pesant que de penser plutôt...

Les jours s'en vont, quoiqu'il en soit,
et le temps comme des bas file,
se moquant de tout quant-à-soi
et des humeurs aquariophiles :
laissez-lui le pouvoir du beau,
des éclaircies et du soleil,
si vous le pouvez, mettez haut
sa belle bannière arc-en-ciel.

mardi 8 décembre 2009

Calligrammairien







Calligramme de Guillaume Apollinaire


Ce fut auprès d'Apollinaire
que j'appris la calligrammaire ;
il n'en fit pourtant pas beaucoup
- mais l'un à s'en tordre le cou -,
inventant cependant le terme
qu'éclaire depuis sa lanterne,
dessus ces vers hypertrophiés
pour hasard dactylographié.

Lorsque la forme rend le fond
comme un vomi d'où se défont
par bribes de traits, les vers bleus,
portés par leurs replis sableux,
dès lors se forme le dessin
qui fut conquis par le dessein
de cet écrit que lui contient,
pour un entier soudain qu'on tient.

Point n'est besoin de faire un foin
d'avoir le calligramme inné !
J'ai dévêtu devant la paille
des poutres que nos yeux empaillent,
et des taxis épidermiques
frappés de la même mimique,
tout cela pour tracer « l'unique »
de ces poèmes symphoniques.

Or, c'est en eux que j'éprouvai
le plaisir qu'eux seuls me prouvaient,
tant dans l'écrit que dans l'avoir,
à la secousse de les voir ;
et si nos vies sont telluriques,
pétries souvent d'acide urique,
et si parfois plus ne m'est rien,
je reste calligrammairien.




Calligramme de Michel P©2009